En Grèce antique, il n'y a pas de distinction tranchée entre les événements relevant du mythe (qui, pour l'historien contemporain, relèvent de la fiction) et les événements historiques (qui nous paraissent les seuls réels). La chronologie figurant sur la chronique de Paros, une inscription du iiie siècle av. J.-C., fait se succéder dans une même continuité le règne de Cécrops, le premier roi légendaire d'Athènes, puis le déluge de Deucalion, la guerre de Troie, etc. et des événements historiques comme la bataille de Platées, en indiquant leurs dates dans le comput athénien. Les premiers historiens, les logographes, qui écrivent dès la fin de l'époque archaïque et le début de l'époque classique, comme Acousilaos par exemple, se contentent de rapporter les traditions et les généalogies locales des différentes cités dans le but de les faire connaître, sans en critiquer beaucoup le contenu15. Les atthidographes, auteurs d'histoires de l'Attique, prennent davantage de distance et rationalisent parfois les éléments merveilleux des récits.
L'un des premiers historiens à opérer une véritable sélection critique des mythes est Hécatée de Milet, au début du ve siècle av. J.-C. Il opère un choix parmi ce qu'a transmis la tradition et en donne un exposé systématique, cohérent, en prose, en enlevant les éléments qui lui paraissent invraisemblables : il réduit à vingt le nombre des filles de Danaos, qui en possède cinquante dans la tradition à laquelle il s'oppose, et il fait de Cerbère un simple serpent à la piqûre fatale, mais il conserve certains éléments merveilleux comme les unions entre dieux et mortelles16. Hérodote, dans l’Enquête, rapporte les traditions dont il a entendu parler et fait état des différentes versions contradictoires, sans toujours se prononcer sur leur véracité17. Mais lui aussi rapporte des versions rationalisées de certains récits : l'enlèvement d'Io qui ouvre l’Enquête, par exemple, est une anecdote historique où il n'y a ni interventions divines ni métamorphose18. Thucydide évoque les actions des souverains mythiques tels que Minos, Pélops ou Agamemnon en les ramenant sur le même plan que les réalités historiques de son temps et en ignorant leurs aspects merveilleux, mais, pour lui, ces personnages sont aussi historiques que Périclès19.
L'attitude des historiens demeure tout aussi prudente jusqu'à l'époque romaine. Au ier siècle av. J.-C., Diodore de Sicile fait une plus grande place au légendaire et s'attache plutôt à rapporter les différentes traditions sans prétendre les rationaliser. Au iie siècle, Plutarque, au début de la Vie de Thésée, l'une des rares Vies parallèles à traiter d'une figure légendaire, compare le passé lointain aux pays lointains arides et inaccessibles évoqués par les géographes, puis déclare : « je souhaite que la légende, épurée par la raison, se soumette à elle et prenne l'aspect de l'histoire. Mais si parfois, dans son orgueil, elle ne se soucie guère d'être crédible et refuse de s'accorder avec la vraisemblance, je solliciterai l'indulgence des lecteurs, et les prierai d'accueillir de bonne grâce ces vieux récits20 ». Cette volonté d'épurer le mythe par la raison (le logos) témoigne de l'influence de Platon ; mais la prudence de Plutarque envers les mythes n'est nullement le signe d'une méfiance envers la religion en général, puisqu'il fait preuve d'une foi profonde et exerce un temps la charge de prêtre d'Apollon à Delphes21.
De manière générale, les historiens grecs conservent une attitude prudente en face des mythes, qu'il s'agisse d'y croire ou de ne pas y croire. Paul Veyne, qui s'intéresse au problème complexe de la croyance dans Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, rappelle toute la distance qui sépare les historiens antiques de l'histoire telle qu'elle s'élabore par la suite (fondée sur l'étude et la critique des sources) : « Il arrive parfois qu'un historien ancien signale que ses « autorités » présentent des divergences sur quelque point, ou même qu'il déclare renoncer à savoir quelle était la vérité sur ce point, tant les versions diffèrent. Mais ces manifestations d'esprit critique ne constituent pas un appareil de preuves et de variantes, qui sous-tendrait tout son texte, à la manière de l'appareil de références qui couvre le bas de toutes nos pages d'histoire : ce sont uniquement des endroits désespérés ou douteux, des détails suspects. L'historien ancien croit d'abord et ne doute que sur les détails où il ne peut plus croire22. »
ในกรีซโบราณ เขาไม่ไม่แยกเลือกระหว่างเหตุการณ์ภายใต้ตำนาน (ซึ่ง สำหรับนักประวัติศาสตร์ร่วมสมัย ฤดูใบไม้ร่วงของนิยาย) และเหตุการณ์ในประวัติศาสตร์ (ซึ่งเราเชื่อว่า เป็นตัวเลขจริงเท่านั้น) เส้นเวลาบนพงศาวดารของเพรอส จารึกจากก่อนคริสต์ศตวรรษที่ 3 การ ประสบความสำเร็จในความต่อเนื่องเดียวกันรัชกาลที่ Cecrops ตำนานแรกกษัตริย์แห่งเอเธนส์ แล้วน้ำท่วม Deucalion สงครามกรุงทรอย ฯลฯ และเหตุการณ์ในประวัติศาสตร์เช่นยุทธการ Plataea แสดงวันที่วันใน Athenian comput นักประวัติศาสตร์แรก logographes ที่เขียนจากจุดเริ่มต้นของยุคคลาสสิก เช่น Acousilaos และสิ้นสุดของรอบระยะเวลาพวกตัว เพียงรายงานประเพณีและ genealogies ท้องถิ่นของเมืองต่าง ๆ เพื่อกระจายออก ไม่วิจารณ์มาก contenu15 Atthidographes ผู้เขียนเรื่องราวจากถังห้องใต้หลังคา ใช้ระยะทางมากขึ้น และบางครั้ง rationalize องค์ประกอบยอดเยี่ยมของเรื่องนักประวัติศาสตร์แรกการเลือกสำคัญจริงของตำนานหนึ่งคือ Hecataeus Miletus ต้นก่อนคริสต์ศตวรรษที่ 5 มันทำงานหลากหลายอะไรผ่านประเพณี และให้ระบบ coherent เสนอ ร้อยแก้ว การลบสินค้าที่ดูเหมือน improbable เขา: มันลดให้ประมาณ 20 จำนวนธิดาของ Danaos ซึ่งเป็นห้าสิบในประเพณีที่มันเป็นตรงข้าม และเป็นเคลเบรอเรื่องงูจะกัดร้ายแรง แต่จะยังคงองค์ประกอบบางอย่างยอดเยี่ยมเช่นสหภาพระหว่างเทพเจ้าและ mortelles16 เฮอรอโดทัส ใน รายงานประเพณีที่เขาได้ยิน และรายงานรุ่นความขัดแย้ง ไม่เสมอ เสียงบน veracite17 ของพวกเขา แต่ยัง รายงานรุ่นบางเรื่องความคล่องตัว: ลักพาตัวของ Io ซึ่งเปิดสำรวจ เช่น เป็นเรื่องขำขันที่ทางประวัติศาสตร์มีพระเจ้าหรือ metamorphose18 Thucydides หมายถึงการดำเนินการของ sovereigns ในตำนานเช่น Minos, Pelops หรือ Agamemnon โดยนำพวกเขาในระนาบเดียวกันตามความเป็นจริงทางประวัติศาสตร์เวลา และละเว้นด้านยอดเยี่ยมของพวกเขา แต่ เขา ตัวอักษรเหล่านี้มีประวัติศาสตร์ และ pericles19L'attitude des historiens demeure tout aussi prudente jusqu'à l'époque romaine. Au ier siècle av. J.-C., Diodore de Sicile fait une plus grande place au légendaire et s'attache plutôt à rapporter les différentes traditions sans prétendre les rationaliser. Au iie siècle, Plutarque, au début de la Vie de Thésée, l'une des rares Vies parallèles à traiter d'une figure légendaire, compare le passé lointain aux pays lointains arides et inaccessibles évoqués par les géographes, puis déclare : « je souhaite que la légende, épurée par la raison, se soumette à elle et prenne l'aspect de l'histoire. Mais si parfois, dans son orgueil, elle ne se soucie guère d'être crédible et refuse de s'accorder avec la vraisemblance, je solliciterai l'indulgence des lecteurs, et les prierai d'accueillir de bonne grâce ces vieux récits20 ». Cette volonté d'épurer le mythe par la raison (le logos) témoigne de l'influence de Platon ; mais la prudence de Plutarque envers les mythes n'est nullement le signe d'une méfiance envers la religion en général, puisqu'il fait preuve d'une foi profonde et exerce un temps la charge de prêtre d'Apollon à Delphes21.De manière générale, les historiens grecs conservent une attitude prudente en face des mythes, qu'il s'agisse d'y croire ou de ne pas y croire. Paul Veyne, qui s'intéresse au problème complexe de la croyance dans Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?, rappelle toute la distance qui sépare les historiens antiques de l'histoire telle qu'elle s'élabore par la suite (fondée sur l'étude et la critique des sources) : « Il arrive parfois qu'un historien ancien signale que ses « autorités » présentent des divergences sur quelque point, ou même qu'il déclare renoncer à savoir quelle était la vérité sur ce point, tant les versions diffèrent. Mais ces manifestations d'esprit critique ne constituent pas un appareil de preuves et de variantes, qui sous-tendrait tout son texte, à la manière de l'appareil de références qui couvre le bas de toutes nos pages d'histoire : ce sont uniquement des endroits désespérés ou douteux, des détails suspects. L'historien ancien croit d'abord et ne doute que sur les détails où il ne peut plus croire22. »
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