Ventre à terre, arme aux dents, telle est l'attaque. Les Anglais ne reculent pas. Le premier rang des soldats, genou en terre, reçoit les cavaliers. Le deuxième tire. Derrière le deuxième, les canonniers chargent les canons. Les carrés s'ouvrent, laissent passer les obus et se refer- ment. Les cavaliers répondent par l'écrasement. Leurs grands chevaux sautent par-dessus les rangs et tombent au milieu de ces quatre murs vivants. Les obus font des trous dans les cavaliers. Les cavaliers font des trous dans les carrés. Des groupes d'hommes disparaissent, écrasés sous les chevaux. Chaque carré se resserre. Les cavaliers, peu nombreux, moins encore depuis la traversée du chemin d'Ohain, ont là contre eux presque toute l'armée anglaise, mais chacun d'eux vaut dix hommes. Des troupes commencent à fuir. Wellington les voit et lance ses cavaliers. Attaqués de côté et en tête, en avant et en arrière, les Français doivent faire face de tous côtés. Ce n'est plus une mêlée, c'est un orage d'âmes et de courages, d'éclairs d'armes. Le plateau de Mont-Saint-Jean est pris, repris, pris encore. Douze fois les Français attaquent. Ney i a quatre chevaux tués sous lui. Six drapeaux sont enlevés et portés à l'Empereur devant la ferme de la Belle- Alliance. L'armée anglaise est profondément blessée. Wellington se sent presque battu. Les cavaliers n'ont pas cependant gagné la bataille. Plus de deux mille d'entre eux sur trois mille cinq cents sont morts. Le centre ennemi tient toujours et le plateau reste pour la plus grande partie aux Anglais, Pourtant l'armée anglaise est la plus malade. Les cavaliers ont détruit les soldats. Quelques hommes autour d'un drapeau sont tout ce qui reste d'un carré... Dans la