Chagrin d’amour mortel?
L’universitaire thaïlandais à la recherche de la belle Marylène se base sur les articles de correspondants de presse à Bangkok, notamment du journal new-yorkais «Schenectady Gazette» publié aux lendemains du drame, le 11 juin 1946 : «Le corps du roi Ananda, âgé de 20 ans et retrouvé mort la nuit dernière, repose dans la magnifique Salle des rois. Il porte la trace d’une balle qui l’a frappé entre les deux yeux. Le gouvernement a décrété un deuil d’un an. Le prince Bhumibol, son frère, est sous le choc…»
Le journal relate que le pistolet qui a tué le roi Ananda est un Colt automatique de calibre 45, qu’il aurait manipulé par accident. Mais d’autres sources provenant de camarades d’études du jeune roi - il étudiant le droit à l’Uni de Lausanne – sont les premières à parler de Marylène Ferrari. Cette jeune Lausannoise de 21 ans est alors la fille du pasteur de la Cathédrale de Lausanne, Eugène Ferrari. En 1943, elle se trouvait sur les mêmes bancs de la Faculté de droit installée alors précisément au pied de la cathédrale. Les deux jeunes gens se connaissaient depuis trois ans quand le roi est décédé: «Ce n’était pas une affaire sérieuse. Elle savait bien que cela ne pourrait durer», démentent pourtant ses camarades. Interrogé par le même journal, le précepteur lausannois des deux frères Ananda et Bhumibol dément lui aussi. Cléon Séraïdaris se base sur les lettres que lui faisait parvenir régulièrement le roi, la dernière datant de cinq jours avant sa mort : «Elle montrait que le roi était en bonne santé aussi bien physique que mentale. Il se réjouissait de son prochain voyage aux Etats-Unis et de son retour à Lausanne pour y terminer ses études».