Parallèlement, émerge l'ASEAN Plus Trois (APT) à partir d'une idée de Singapour en 1995. Il comprend les pays de l'ASEAN ainsi que la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Il prend ses origines dans la préparation de la première Réunion Asie-Europe (ASEM).
La première rencontre APT a lieu informellement en 1997 lors du sommet de Singapour, puis à tous les sommets de l'ASEAN afin d'établir des positions communes en vue de l'ASEM.
En mai 2000 à Chiang Mai, ils s'accordent pour lutter contre une nouvelle crise financière. En 2001, la Chine lance une initiative majeure destinée à établir une Zone de libre échange entre elle et l'ASEAN. Un accord cadre est signé en 2002 en vue d'établir la zone en 2010 pour l'ASEAN 6 et en 2015 pour l'ASEAN au complet. Des initiatives similaires ont été lancées en réponse par le Japon et la Corée. L'APT a également d'autres projets comme le développement de la région du bassin du Mékong, la formation dans les technologies environnementales, la promotion du tourisme.
À la fin des années 2000 les pays de l'ASEAN réalisaient plus de 50 % de leur commerce extérieur avec l'ASEAN + 3, ce qui représente un niveau d'intégration supérieur à celui de l'ALENA et proche des 65 % atteints par les quinze États membres de l'UE entre 1995 et 2004. En 2005 près de 70 % des investissements directs étrangers dans les quinze États ou régions d'Asie orientale (ASEAN + 3, Hong Kong et Taïwan) provenaient également de la région, un niveau d'intégration comparable à celui alors observé au sein de l'UE7.
L'APT permet aux pays de l'ASEAN de se renforcer dans les négociations internationales notamment à l'OMC pour contrebalancer l'influence de l'UE et de l'ALENA.